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plasticienne [textile, papier, fil, écriture]

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" en plein cintres "

C’est une traversée d’un mur à l’autre, c’est une envolée,

un plafond qui monte tranquillement ou qui descend en pente douce,

tout dépend du point de vue que l’on adopte.

Il y a sept rangées de cintres alignés, ordonnés,

qui s’espacent un petit peu mais pas trop,

qui restent libres de leurs mouvements latéraux

Au gré des souffles atmosphériques.

Ces cintres sont faits pour porter, supporter,

garder des formes sans déformations,

éviter le pli, le faux-pli, le froissé, l’usure, le mélange,

les effets de la gravitation, de l’apesanteur, de l’anarchie…

ils sont les gardiens de l’ordre, de l’alignement,

du rangement, de la présentation, de la représentation

et pourtant ils semblent avoir perdu leurs poids, leur fonction de soutien.

Le cintre est au vêtement ce que le squelette est à la peau…

une autre peau… un autre squelette…

transposition,

transfert de compétences !

Tous les cintres ont les mêmes caractéristiques,

les mêmes fonctions et pourtant ils s’individualisent,

se différencient, leurs formes varient à l’infini

avec ce double jeu de croisement du vertical et de l’horizontal,

avec comme axe une sorte de point d’interrogation !

drôle de cervelle, drôles d’omoplates ou de clavicules,

drôles de vertèbres cervicales !

Tout cela apparaît parce qu’ils sont nus.

Ce collectif existe en soi, même si la distinction formelle permet

une identification –la madeleine de Proust – pour chacun d’entre nous

par des petits repères, des marques, des initiales,

des « je me souviens » qui apparaissent.

Le choix de la collection n’y est pas innocent,

la gamme chromatique volontairement choisie

marque l’ensemble dune chronologie

aux teintes un peu patinées du bois.

Leur lot à tous c’est d’être à l’ombre, sous les vêtements d’abord

puis dans les armoires le plus souvent.

Là, ils se dévoilent, petits soldats de l’ombre

qui s’élancent vers le ciel, petits squelettes de nos apparences,

de tout ce que l’on conserve, des saisons qui passent,

des années qui passent, témoins du temps, de l’éphémère,

du superflu, de l’enveloppe qui s’évanouit,

de l’image du corps absent un jour…

Petits théâtres de la vie.

 

 

Brigitte Bourdon, mai 2007

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